Déplacement de Jacqueline Gourault – Mon discours

Madame le Ministre,
Monsieur le Préfet, Mesdames et Messieurs les représentants de l’Etat,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Mesdames et Messieurs les Conseillers régionaux et départementaux, et particulièrement ceux de ce canton, Séverine, Pierre,
Monsieur le Président de la communauté de commune, Patrice
Monsieur le Maire, Daniel,
Mesdames et Messieurs les élus,
Chers amis,

C’est une joie pour moi d’être là aujourd’hui. D’abord parce que nous avons pu découvrir de beaux projets, lancé ou achevé :
– Je pense bien sûr à l’agrandissement de la gendarmerie, qui va permettre à ceux qui assurent notre sécurité au quotidien de vivre et de travailler dans les meilleures conditions : nous leur devons bien cela !
– Je pense également à l’extension du siège de la Communauté de communes où se dessine, chaque jour, l’avenir des habitants du Pays des Achards, à travers les compétences qu’exerce l’intercommunalité en lien étroit avec les communes qui la composent.
Ensuite, parce qu’à travers les projets que vous portez, mesdames et messieurs les élus, vous développez votre territoire. Car un projet qui sort de terre, c’est le signe tangible d’un territoire qui a confiance dans l’avenir et qui va de l’avant…
Enfin, parce que le Conseil départemental vous accompagne sur l’un des deux (l’extension de la Communauté de commune, à hauteur de 30%) à travers la contractualisation que j’ai voulue comme une nouvelle relation de confiance entre les territoires et le Département au lendemain de la loi NOTRe. Oui, nous avons voulu donner aux 19 intercommunalités de Vendée (et à l’Ile d’Yeu !) une visibilité, un horizon (et une liberté !) pour leur permettre de bâtir leur projet de territoire.
J’ai évoqué trois raisons. J’en ajouterai une quatrième puisque j’ai l’occasion, cet après-midi, de m’adresser à vous, Madame le ministre : j’ai parlé de cette nouvelle relation de confiance que le Conseil départemental de la Vendée a voulu bâtir avec les territoires. Mais cette relation de confiance, nous voulons également la nouer avec l’Etat…
Bien sûr, le fossé qui s’est creusé entre l’Etat et les territoires ne date pas des derniers mois. Les efforts qui ont été demandés depuis des années et les décisions imposées d’en haut ont contribué à faire douter de leur engagement des élus locaux qui se consacrent au bien commun dans des conditions qui sont devenus de plus en plus difficiles, au fur et à mesure des réformes et des baisses de dotations.
Les élus locaux que nous sommes ont bien sûr conscience que notre pays doit cesser de vivre au-dessus de ses moyens, sans se soucier de la dette qu’il laissera aux générations suivantes. Les collectivités territoriales ont, d’ailleurs, participé à cet effort national qui nous concerne tous (y compris l’Etat !).
Mais ma conviction d’élu local engagé dans la vie publique depuis près de 25 ans, c’est que le grand nombre d’élus est un atout pour notre pays. Or, sans une relation de confiance entre l’Etat et les collectivités, nous allons les décourager.

Bâtir cette relation de confiance, c’est rompre avec ces décisions qui viennent d’en haut, et qui, parfois, sont difficiles à comprendre :
– Je pense à cette décision d’imposer le 80 km/h uniformément sur le territoire national sans laisser de liberté d’application aux élus qui gèrent ces routes et qui les connaissent mieux que quiconque.
– Je pense aussi à ces communes vendéennes qui ont vu leur Dotation Globale de Fonctionnement baisser en 2018 (et en disant cela, je n’oublie pas que d’autres ont eu plus de chances et ont vu leur DGF augmenter).
– Mais je pourrais également prendre d’autres exemples, à l’image de ces communes qui sont brutalement sorties du dispositif permettant à leurs agriculteurs de recevoir l’Indemnité Compensatoire de Handicaps Naturels… Ou encore, aux travaux que nous devons effectuer sur les digues pour protéger nos populations mais dont la réalisation se heurte à des complexités administratives sans nom !
Le poids des normes, Madame le ministre, et ces décisions qui tombent comme un couperet nourrissent ce sentiment que l’Etat délaisse les territoires péri-urbains ou ruraux.
Je sais que vous êtes venue en Vendée aujourd’hui pour affirmer précisément la volonté du gouvernement d’accompagner les territoires, à l’image des contrats de ruralité. Et je suis convaincu que votre enracinement dans le département du Loir-et-Cher vous permet d’entendre cette voix des territoires. De l’entendre, de la comprendre et de la porter jusqu’au plus haut sommet de l’Etat.
Le sens de mon message, aujourd’hui, devant vous, c’est que notre pays doit rompre avec le jacobinisme et ses vieilles recettes infantilisantes. Le Président de la République a fait de la modernisation de la France le cap de son mandat. Mais la modernité, c’est la décentralisation, c’est la subsidiarité ! Ce que nous voulons, nous, les élus locaux, c’est un pacte de confiance avec l’Etat ; un pacte qui soit respectueux de la libre administration des territoires et des collectivités.
Je vous remercie.

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